Chez les conducteurs impliqués dans des accidents graves en milieu rural, on note des taux plus élevés d'alcool au volant, de cannabis détectable et la consommation simultanée de plusieurs substances que chez les conducteurs urbains, selon une étude pancanadienne dont les résultats ont été publiés dans la revue Traffic Injury Prevention.
L'étude, dirigée par Floyd Besserer, de l'Université de la Colombie-Britannique, et une équipe dont faisait partie le Dr Raoul Daoust, professeur au Département de médecine de famille et de médecine d’urgence de l'Université de Montréal, porte sur les données toxicologiques de 13 792 conducteurs légèrement ou gravement blessés soignés dans 17 services des urgences au pays de 2018 à 2024.
Parmi eux, 2078 (15,1 %) étaient des ruraux.
Les analyses toxicologiques ont été réalisées dans un laboratoire central, ce qui garantit l'uniformité des résultats d'un hôpital à l'autre.
L’alcool: presque deux fois plus détecté chez les ruraux
Premier constat: l'alcool est presque deux fois plus souvent détecté chez les conducteurs ruraux. Une alcoolémie supérieure à zéro a été relevée chez 24,6 % d'entre eux, contre 14,8 % chez les conducteurs urbains. Au-delà du seuil légal de 0,08 %, l'écart demeure, avec 18,5 % en milieu rural contre 11,3 % en milieu urbain, soit une probabilité 23 % plus élevée.
Le cannabis est lui aussi plus présent dans le sang des conducteurs ruraux blessés: 17,2 % affichaient un taux de THC (tétrahydrocannabinol) supérieur à zéro, contre 14,6 % en milieu urbain. En revanche, pour les concentrations élevées – 5 ng/mL et plus –, les deux groupes sont comparables.
Si le cannabis est plus fréquemment détecté chez les conducteurs des régions, leur degré d'intoxication n'est pas plus haut qu'en ville. Les opioïdes, les dépresseurs et les stimulants du système nerveux central sont également à des taux plus élevés en milieu rural, avec des probabilités variant de 14 à 21 % au-dessus des seuils urbains.