Dans les quartiers périphériques de la ville de Mexico, des milliers de femmes préparent chaque jour des repas à faible coût pour leur communauté. À première vue, ces comedores comunitarios semblent surtout répondre à un besoin alimentaire urgent.
Mais derrière les fourneaux se joue aussi une forme discrète de participation citoyenne, de solidarité et de pouvoir collectif.
Et ce sont ces expériences de la citoyenneté qui intéressent Françoise Montambeault, professeure titulaire au Département de science politique de l’Université de Montréal. En collaboration avec sa collègue Nora Nagels, de l’Université du Québec à Montréal, elle mène un projet de recherche sur le rôle à la fois social et politique des femmes qui gèrent ces cuisines communautaires.
Des femmes souvent privées de droits formels
Depuis le début de sa carrière, Françoise Montambeault s’intéresse à la manière dont se construit la citoyenneté en Amérique latine, particulièrement au Mexique. Sur le plan théorique, la citoyenneté renvoie généralement à l’accès aux droits – au travail, à la santé, à l’éducation, à la participation politique ou encore à la sécurité.
Or, dans les quartiers périphériques de Mexico, cet accès demeure profondément inégal, indique la chercheuse. Les femmes issues des secteurs populaires vivent souvent dans des zones marquées par l’urbanisation informelle, la précarité économique et l’exclusion sociale. Beaucoup occupent des emplois non déclarés ou assument principalement le travail domestique et les tâches de soins auprès des enfants, des proches ou des personnes âgées.
Cette marginalisation s’accompagne aussi d’une plus grande vulnérabilité aux violences de genre et à la violence domestique. Malgré ces obstacles structurels, ces femmes créent des formes d’organisation collective souvent invisibles aux yeux des institutions.
Source: https://nouvelles.umontreal.ca/article/2026/09/03/cuisiner-un-acte-citoyen